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Le trouble panique se manifeste soudainement, sans que rien
l'annonce, et cause une sensation aiguë d'angoisse,
accompagnée de sensations physiques pénibles.
Il arrive que le trouble panique soit accompagné
d'agoraphobie. La personne craint alors de se retrouver
dans un endroit où elle ne pourrait pas avoir de
secours en cas de crise de panique. Cette crainte peut contraindre
la personne à ne plus sortir de chez elle.
Le trouble panique fait partie des troubles anxieux selon
la classification américaine des troubles mentaux.
Il se caractérise par la présence d'attaques
de panique dont au moins quelques-unes surviennent de façon
imprévisible et inattendue. Ces attaques de panique
se manifestent soudainement et sont accompagnées
de crainte ou de malaise intense. Les principaux symptômes
qui accompagnent ces périodes d'anxiété
sont des sensations d'étouffement, des étourdissements,
des sensations d'instabilité, des palpitations cardiaques,
des tremblements, de la transpiration, une peur de perdre
le contrôle, de devenir fou, ou de mourir. Le trouble
panique peut être accompagné d'évitement
agoraphobique et se nomme alors trouble panique avec agoraphobie.
L'évitement agoraphobique consiste à éviter
des endroits ou des situations dans lesquelles la personne
craint qu'il soit difficile de recevoir de l'aide en cas
d'attaque de panique.
La prévalence à vie du trouble panique dans
la population générale varie entre 3 et 4%
selon les études épidémiologiques les
plus rigoureuses et les plus représentatives de la
population (2,3,4), tandis que l'on estime que près
de 10% de la population adulte aurait vécu au moins
quelques attaques de panique occasionnelles.
Décrits sous le nom de névrose cérébro-cardiaque
par Krishaber, puis névrose d'angoisse par Freud,
les troubles paniques et leurs complications, dont l'agoraphobie,
forment une entité clinique bien individualisée
depuis la fin du siècle dernier. Les critères
diagnostiques proposés par l'Association américaine
de psychiatrie centrent ce syndrome sur la survenue répétée
d'épisodes paroxystiques d'anxiété,
les attaques de panique encore appelées crises aiguës
d'angoisse. Même si la survenue d'une attaque de panique
ne peut suffire à elle seule à amener le diagnostic
de trouble panique, la symptomatologie de ces crises est
importante à connaître pour trois raisons essentielles
: Les attaques de panique sont des manifestations fréquentes.
Leur prévalence sur la vie entière est d'environ
5 % dans la population en général et atteint
20 à 30 % chez les adolescents et les jeunes adultes.
Les attaques de panique sont à l'origine de consultations
et d'examens complémentaires multiples du fait de
leurs symptômes physiques, mais aussi du fait de l'anxiété
qu'elles génèrent et qui pousse les patients
à chercher, en toute légitimité, un
réconfort chez leur médecin.
Les attaques de panique peuvent entraîner, par leur
répétition, la constitution d'états
d'anxiété pathologiques. Les troubles sont
souvent accompagnés de phobies invalidantes (agoraphobie)
et de complications psychiatriques graves (dépression,
alcoolisme, abus médicamenteux).
Les manifestations des crises sont nombreuses et amènent
les personnes à consulter dans les disciplines aussi
diverses que la médecine générale,
la cardiologie, la pneumologie, l'O.R.L. ou les services
d'urgence. En effet, la personne souffrant d'attaques de
panique s'y oriente souvent, spontanément, en fonction
de la nature des symptômes les plus intenses, même
si l'on retrouve, en discutant avec elle, d'autres éléments
constitutifs des crises.
La sensation de catastrophe imminente.
Ce sentiment de peur d'apparition brutale d'une catastrophe
est un élément indispensable au diagnostic
du trouble panique. La personne peut le décrire de
diverses manières : peur de mourir, d'avoir un malaise,
de tomber, de perdre la raison, de perdre le contrôle
de son comportement ou de ses sphincters. Habituellement,
ces craintes sont en relation directe avec l'expression
physique des attaques de panique : peur d'avoir une crise
cardiaque face à des douleurs thoraciques et à
une sensation vertigineuse paroxystique, peur de devenir
folle face à des sentiments intenses de déréalisation
ou de dépersonnalisation... De façon très
caractéristique, ces peurs demeurent identiques malgré
la répétition des crises et en dépit
du fait que les événements que la personne
craint tant de voir survenir ne se réalisent jamais.
Le dysfonctionnement du système nerveux autonome.
Les attaques de panique sont accompagnées de manifestations
physiques, d'apparitions soudaines, le plus souvent dominées
par des palpitations très anxiogènes. À
l'examen, la tachycardie excède rarement 130/min.
et peut être accompagnée d'une élévation
modérée de la pression artérielle,
de sueurs et de tremblements. D'autres symptômes cardio-vasculaires
peuvent être présents, notamment des sensations
de striction ou de douleurs thoraciques irradiant parfois
dans les membres. Plusieurs études réalisées
chez des patients ayant présenté de telles
douleurs, mais ayant des artères coronaires normales,
démontrent que plus de la moitié de ceux-ci
répondent au diagnostic de trouble panique. D'autres
systèmes peuvent être touchés par ces
manifestations autonomes : spasmes digestifs parfois accompagnés
de diarrhée, polyurie souvent associée à
la crainte de perdre le contrôle de sa vessie...
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