Phobique?
Dans les classifications psychiatriques internationales
(DSM IV et CIM 10), la phobie est appréhendée
au moyen de quatre critères : la confrontation à
un objet ou situation phobogène déclenche,
dans un premier temps, une anxiété ou un malaise
constant, voire une peur incontrôlable .
Une telle confrontation conduit ensuite l'individu
à mettre en oeuvre des stratégies d'évitement
ou des conduites de réassurance, comme le fait de
se faire accompagner dans ses activités quotidiennes.
L'angoisse et parfois la honte générées
par l'anticipation anxieuse des situations et les évitements
que le phobique s'impose finissent par occasionner une souffrance
importante et constituent parfois un véritable handicap
social.
Si ces critères de diagnostic des
phobies sont globalement acceptés par les différents
courants psychiatriques, la notion de handicap pose problème.
En effet, la définition de ce dernier fait intervenir
une part importante de subjectivité, tant de la part
du patient que de son thérapeute. Un même trouble
sera vécu différemment selon les époques,
les cultures ou l'histoire de vie de l'individu concerné.
Dans le cas de la phobie sociale, où situer la frontière
entre celle-ci et la timidité ? La différence
entre ces deux formes d'anxiété sociale est-elle
« dimensionnelle » (fondée sur un critère
d'intensité) ou « catégorielle »
(deux manifestations structurellement différentes
de par leurs soubassements biologiques, génétiques
et psychologiques) ?
L'état actuel des recherches ne permet
pas de trancher.
|